COLLOQUE INTERNATIONAL “Contrôle des frontières et policing des populations en Guyane Perspectives franco-brésiliennes” — 15-16 octobre 2018, Université de Guyane, Cayenne

Partenaires

CESDIP / Université de Versailles St Quentin
MINEA / Université de Guyane ; Université de Cergy-Pontoise
Avec le concours de la CAPES-COFECUB, de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, de l’Institut des Amériques, du GERN et du Ministère de la Justice

Comité d’organisation

Linda Amiri, Emmanuel Blanchard, Joana Domingues Vargas, Nicolas Fischer, Isabelle Hidair, René Lévy, Thierry Nicolas

Présentation

Lancé dans le cadre du programme Franco-Brésilien CAPES-COFECUB « Passages de frontières et villes sûres. Enjeux historiques et contemporains », ce colloque international vise à travailler plusieurs de ses problématiques à propos du cas particulièrement riche de la Guyane française. Cette dernière constitue un terrain particulièrement propice à l’étude des enjeux frontaliers passés ou contemporains  entre la France et le Brésil : ancienne colonie aujourd’hui département français, elle a longtemps constitué un territoire disputé, et la délimitation comme le franchissement de ses frontières ont fait l’objet de conflits multiples avec son voisin brésilien dès le début du XIXème siècle.

Ces tensions connaissent un prolongement contemporain autour du contrôle policier et militaire de l’immigration irrégulière et de la criminalité transfrontalière, particulièrement forts entre les deux pays, et des tensions politiques, sociales ou raciales qui se nouent autour de lui. Ces enjeux de sécurité et de policing se posent toutefois aujourd’hui dans un contexte particulier : celui d’une intégration régionale croissante qui rapproche inévitablement l’ensemble des Etats de la région. La construction en 2011 d’un pont transfrontalier franchissant le fleuve Oyapock, inauguré tardivement en raison de contentieux persistants entre la France et le Brésil, illustre à merveille les contradictions de cette dynamique de rapprochement : elle incite à dépasser les différents transfrontaliers à travers la normalisation des échanges et la mise en place de coopérations, mais elle peut également les exacerber en intensifiant les déplacements et les trafics illicites.

C’est ce nouveau contexte, mais aussi son héritage historique, qu’il s’agira d’interroger à l’occasion de ce colloque. Sur le plan scientifique, il propose de combiner les disciplines et les approches des sciences sociales – histoire, science politique sociologie et anthropologie – pour s’intéresser à des objets diversifiés, tant du côté des politiques et des acteurs publics que des activités illicites. Au-delà du partenariat Franco-brésilien qui en fournit le socle, il vise également à développer les partenariats entre les centres de recherche partie au programme et l’Université de Guyane récemment constituée.

PROGRAMME

LUNDI 15 OCTOBRE 2018

9h 00 – accueil des participants.

9h 30 – Nicolas Fischer (CESDIP/UVSQ) : introduction générale.

10H 00 – 13H00 : L’HERITAGE HISTORIQUE DU POLICING.

Présidence : Emmanuel Blanchard (CESDIP/UVSQ)

  • Jean-Lucien Sanchez (CLAMOR/Ministère de la Justice) : Le contrôle aux frontières opéré par l’administration pénitentiaire coloniale en Guyane à destination des forçats évadés (XIX-XXe siècles).

  • Linda Amiri (Université de Guyane, MINEA) : Aux frontières de l’empire colonial français. Colonisation et violence ordinaire en Guyane,  le cas particulier des forçats algériens (1867-1887).

  • Jean Moomou (Université des Antilles, AIHP-GEODE, GRENAL) : Gérer la frontière Maroni-Lawa : entre logique administrative et perception des riverains  (1860-1991).

13h : déjeuner

14H-17H : L’ARTICULATION DES FRONTIERES POLITIQUES ET DES FRONTIERES RACIALES.

Présidence : Joana Domingues Vargas (UFRJ/NECVU)

  • Thierry Nicolas (Université de Guyane, MINEA) : Les points de contrôle routier en Guyane Française et au Surinam : des postes-frontières comme les autres ?

  • Nicolas Rey (Université de Guadalajara, CUCSH) : Logiques interculturelles dans un quartier périphérique “à risque” de Cayenne: l’exemple de Baduel.

  • Sylvia Lopes Macedo (Université de Guyane, MINEA) : Conjonctions et disjonctions frontalières: appropriations de la frontière franco-brésilienne par les communautés wayâpi (Brésil, Guyane française).

MARDI 16 OCTOBRE 2018

9H 30-13H 00 : LES COOPERATIONS FRANCE-BRESIL AUTOUR DU CONTROLE DES FRONTIERES.

Présidence : René Lévy (CESDIP/UVSQ)

  • Frédéric Bondil (Université de Guyane, MINEA/CERDJA) : Les enjeux juridiques de la coopération franco-brésilienne. Les échanges commerciaux entre le Brésil et la Guyane française: un encadrement juridique approprié ?

  • Joana Falxa (Université de Guyane, ISCJ) : La coopération pénale judiciaire et policière entre la France et le Brésil : du cadre général à la pratique particulière.

  • Maude Elfort (Université de Guyane, MINEA) : Les fleuves frontière  de Guyane au regard du droit.

  • Joana Domingues Vargas (NECVU, UFRJ – Rio de Janeiro) : Orpaillage illégal et contrôle policier à la frontière franco-brésilienne.

13h déjeuner

14H00-17H00 : LES ILLEGALISMES TRANSFRONTALIERS : ACTEURS ET TENDANCES CONTEMPORAINES.

Présidence : Nicolas Fischer (CESDIP/UVSQ)

  • Daniel Hirata (UFRJ/NECVU, Brésil) : Marché de la cocaïne et mortalité dans la frontière nord du Brésil.

  • Fernando Rabossi (UFRJ, Brésil): Amazonian circulations in the longue durée: rubber, cows and cocaine.

  • Frédéric Piantoni (Université de Reims Champagne-Ardenne) : La gestion coercitive des migrations non planifiées au Brésil a-t-elle un effet sur les circulations des Brésiliens en Guyane ?

  • Catherine Benoît (University of Connecticut) : Spectacles aux frontières : Régime de déportations et production de l’illégalité en Guyane.

17h 00 Remarques conclusives – Isabelle Hidair, Université de Guyane, MINEA.

Télécharger le programme