Aux marges des diasporas : sociabilités des lieux « autres » (16e-19e s.) — Annuel, EHESS, Paris

Organisateurs

Périodicité et lieu

  • 1er, 3e et 5e jeudis du mois de 17 h à 19 h, du 15 novembre 2018 au 6 juin 2019
  • salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris

Page de référence

https://enseignements-2018.ehess.fr/2018/ue/24//

Présentation

Face au morcellement des historiographies, ce séminaire examine le fait diasporique par une approche comparée et croisée des diasporas des 16e-19e siècles (séfarades, huguenots, Grecs, mennonites, morisques, Arméniens, etc.). Contrairement aux diasporas contemporaines, elles permettent de saisir l’ensemble du cycle diasporique, de l’émergence à la dilution, mais aussi le poids spécifique du religieux en amont des bouleversements de la sécularisation. Après avoir analysé les relations des diasporas au(x) territoire(s) en 2008-2011, les modes d’intégration en milieu urbain en 2012-2014, nous avons en 2015-2018 centré la réflexion sur l’articulation entre extranéité et inclusion, en analysant les rapports aux pouvoirs, la constitution des réseaux, les relations inter-diasporiques et la métropolisation de certaines implantations.

L’année 2018-2019 se déroulera en deux temps. Il s’agira tout d’abord, en poursuivant la réflexion sur les configurations diasporiques, d’interroger la formation et l’organisation de leurs segments. Perçus comme autant de diasporas within a Diapora (J. Israël), ces sous-ensembles, hétérogènes, entretiennent des rapports fluctuants avec leurs ensembles. Dans un second temps, nous nous intéresserons aux lieux « oubliés » des diaspora studies tels que auberges et tavernes, clubs et cafés : nœuds de relations ou sociabilités de l’entre-soi, ils abritent des formes singulières de socialisation. Enfin, suivant la route des auberges, nous quitterons les villes, privilégiées par les études diasporiques, pour les espaces ruraux, qui nous permettront d’interroger le fait diasporique par ses marges.