APPEL A COMMUNICATION : Journée doctorale “Economie alternative : religiosité, ruralité et migration”, Mardi 5 février 2019, Paris — LIMITE : Vendredi 30 novembre 2018

Comité d’organisation

  • Yana Pak (EHESS/CETOBaC) : co-porteur du projet
  • Hicham Benaissa (EPHE/GRSL) : co-porteur du projet
  • Mayuko Yamamoto (EHESS/FFJ/CESPRA)
  • Kae Amo (EHESS/FFJ/IMAF)

Conseil scientifique

  • Stéphane Dudoignon (Directeur d’études CNRS, EHESS/CETOBaC)
  • Jean-François Bayart (Professeur, Graduate Institute Geneva)
  • Sébastien Lechevalier (Directeur d’études, EHESS/FFJ)
  • Ismaël Moya (CNRS)

Partenaires

  • EHESS
  • EPHE
  • PSL

Candidature et calendrier

Cette journée doctorale est ouverte à tout-e-s les doctorant-e-s ou jeunes docteurs dont les recherches peuvent s’inscrire dans un des axes proposés. Les participants-e-s sont invité-e-s à envoyer une proposition de communication de 500 mots, en précisant l’axe choisi, à l’adresse indiquée ci-dessous. Les participant-e-s qui souhaitent bénéficier d’un financement de déplacement sont invité-e-s à le préciser dans leur proposition en indiquant le lieu de résidence.

Les candidat-e-s seront informé-e-s mi-décembre de la réponse du comité.

Présentation

L’objectif de cette journée est de réfléchir à la question de l’économie alternative voire morale à l’heure actuelle en croisant différents travaux empiriques, théoriques et méthodologiques de jeunes chercheurs portant sur des aires géographiques diverses (Afrique, Asie, monde musulman).

Par économie alternative, on entend les types d’entraide sociale, les systèmes normatifs de référence, les formes de liens sociaux ou politiques et leurs métamorphoses, notamment dans les groupes restreints d’appartenance et leurs réseaux d’échange.

En 1996, dans un ouvrage qui s’intitule La réinvention du capitalisme dirigé par Jean-François Bayart, plusieurs auteurs ont montré que l’extension de l’économie de marché emprunte volontiers des chemins insolites, et « que les logiques sociales et culturelles, souvent considérées comme obstacles et archaïsmes, (…) peuvent en être le véhicule paradoxal dans la longue durée ». Après presque vingt-cinq ans, quelles directions les économies dites alternatives ont-elles emprunté et quels sont les impacts des nouvelles pensées religieuses ou éthiques globales ? Cette journée a pour objectif de mettre à jour ce concept d’« économie alternative » tel qu’il est élaboré dans l’ouvrage dirigé par J.-F. Bayart et en présence de ce dernier, tout en tenant compte les transformations suivies sur les terrains depuis ces deux décennies.

Elle met l’accent sur trois axes : la religion (notamment l’islam), la nouvelle situation rurale et les migrations.

Axe 1 – La religiosité : l’islam comme nouvelle logique de solidarité

Le premier axe aborde la religiosité à travers les différentes expressions économiques. Il s’agit de mettre en lumière un nouveau modèle économique basé sur les valeurs et les normes islamiques. Si l’islam de marché offre un nouveau système de valeur et de la légitimité économique, sous quelles formes et dans quels cadres le rapport à l’Islam est-il aujourd’hui mobilisé par les acteurs économiques ? Pour examiner les mutations économiques, politiques et sociales que ces processus engendrent dans les sociétés contemporaines sur le plan local, national et transnational, nous inviterons à discuter des études de cas sur les entrepreneurs musulmans et le marché islamique.

Axe 2 – Monde rural/ Milieux urbains et la solidarité d’en bas en question

L’économie paysanne est reconnue pour son caractère unique, définie par des réseaux de relations socio-économiques de réciprocité, appelée l’« économie de l’affection » (G. Hyden). Toutefois, le monde rural n’est pas un monde cloisonné. Dans le contexte de globalisation, de nouvelles formes de solidarités de type « rural » se dessinent dans plusieurs villages ou même au sein des espaces urbains. On s’intéressera aux différents échanges « d’en bas » mais aussi au contraste et aux connexions entre les milieux urbains et ruraux.

Axe 3 – Migration, mobilité, réseaux : l’économie morale à l’épreuve de mondialisation 

De nos jours, une nouvelle dimension transnationale des échanges économiques se développe grâce à l’intensification des flux migratoires à l’intérieur et à l’extérieur des différents continents. Nous nous intéresserons aux réseaux de solidarité et aux relations d’échanges entretenues grâce à la mobilité des personnes ainsi qu’à leurs logiques d’échanges qui se reposent sur de multiples normes et valeurs.