INTERVENTION de Fabienne Le Houérou dans le séminaire “Les artifices du cinéma d’enquête” — Jeudi 20 décembre 2018, Collège de France, Paris

Légende : Angu, crédit photo Fabienne Le Houérou, Majnu Ka Tilla, 2018

Organisatrice

  • Corinne Fortier (CNRS-LAS)

Organisatrice

  • Intervenante : Fabienne Le Houerou (IREMAM, MMSH-Aix-Marseille Université, IC “Global”)

Infos pratiques

  • Lieu : Collège de France, 11 Place Marcelin Berthelot, salle 2
  • Date et horaire : Jeudi 20 Décembre de 16h à 19h

Présentation

Le cinéma d’enquête cinématographique est une notion qui se rapporte aux Visual Studies qu’explicitera Fabienne Le Houérou suite à la publication de son dernier ouvrage : Filmer les réfugiés, L’Harmattan, 2016. L’auteur interrogera, par ailleurs, sa propre production cinématographique avec le film « Angu, une femme sur le fil(m) ». La projection sera l’occasion d’aborder deux thématiques. La première explore la mixité et ses limites en  interrogeant les théories d’Homi Bhabha sur l’hybridité sui-generis  de nos mondes postcoloniaux, dans un second temps il sera question de la notion de profilmie , des artifices du film à intention ethnographique et des pièges affectifs de toute approche cinématographique dans l’écriture de la science.

« Femmes sur le fil(m) » est un projet cinématographique complexe qui narre l’histoire d’Angu, ou Angie, une réfugiée tibétaine en Inde qui vit maritalement avec un Kenyan, père de son enfant ce dernier ayant été placé dans un orphelinat dans les contreforts de l’Himalaya, à Dharamsala. Lors de repérages en Inde en octobre 2013, la réalisatrice a été à la recherche de la petite Peggy dans l’Himalaya à la demande d’Angu. Devant la réalité de leur pauvreté économique et de leur impuissance, Angu et Osmond renoncent à leur parentalité et retournent à leur vie à New Delhi où le reste de la communauté les perçoit tels des parias. Le  projet évoque une montée d’espoir dans une marche vers l’Himalaya puis la retombée dans l’ordinaire de la survie à New Delhi d’un couple écrasé par une condition d’exil et de double marginalité.

Le projet scrute différentes marges et explore le métissage et les allants de soi sur les rôles masculins et féminins au sein de la diaspora tibétaine. Il questionne  plus particulièrement la dimension maternelle dans le rapport singulier d’Angu avec la petite Peggy. Le projet évoque l’abandon parental et la maltraitance. Il sera l’occasion d’un questionnement sur les subjectivités cinématographiques féminines et sur le  statut des films « scientifiques » dans les sciences dites « humaines » au cours d’enquêtes où l’émotion fait irruption de façon heuristique.