CYCLE de CONFÉRENCES 2018-2019 « l’Ateliers du savoir » — Annuel, Poitiers

Responsables

Organisés en partenariat entre le laboratoire Migrinter (Migrations internationales : Espaces et sociétés – CNRS / Université de Poitiers) et l’Espace Mendès France. Sous la direction scientifique d’Adelina Miranda, professeure d’anthropologie, codirectrice de l’UMR Migrinter et de Sarah Przybyl, post-doctorante et géographe à l’UMR Migrinter.

Femmes, migrations, engagements

La thématique choisie pour la programmation 2018-2019 s’intéresse aux études sur les migrations montrant la complexité des situations migratoires des femmes. Elles permettent de comprendre que les articulations des systèmes d’oppression vécus par les migrantes sont plurielles et multilocalisées. Changements et continuités sont constamment en relation dans la structuration des rapports sociaux de sexe et dans les logiques patriarcales qui structurent tant les sociétés de départ que d’arrivée. En effet, les migrantes utilisent la mobilité parfois comme une stratégie individuelle pour dépasser les conditions d’oppression, parfois comme une stratégie pour renégocier les relations entre les genres et les générations. Comment les femmes élaborent-elles leur expérience migratoire à partir de la place qui leur est assignée ?

  • Quelles articulations agencent-elles entre les contraintes et les opportunités dans la construction de leur devenir ?
  • Quels sont leurs engagements et leurs revendications ?

Ce cycle de conférences invite à réfléchir sur ces questions en tenant compte que ni l’être femme ni l’être migrante ne sont des conditions essentialistes.

11 octobre 2018, 18h30 – Salle Confluence

Femmes en mouvement. De nouvelles pistes pour repenser les migrations.

Camille Schmoll, maîtresse de conférences en géographie à l’université Paris Diderot, membre junior de l’Institut universitaire de France et membre de l’UMR Géographie-cités

Présentation de la conférence :

Depuis peu, la recherche a pris conscience de l’importance des femmes dans les flux migratoires, tordant ainsi le cou à l’idée largement répandue d’une féminisation récente des migrations. Cette conférence part de l’expérience des femmes migrantes pour questionner les causes de leur départ, leurs trajectoires migratoires, ainsi que les transformations sociales qu’elles provoquent. La prise en compte du point de vue et de l’expérience des femmes permet de mieux comprendre l’expérience migratoire dans sa totalité et sa complexité, au sens où elle déplace, questionne le regard masculin et le subvertit en mettant en lumière d’autres lieux, d’autres processus et d’autres dynamiques de pouvoir liés à la migration. Partir des femmes c’est aussi défendre une perspective qui nous éloigne de certains discours victimisants sur la migration féminine, mais c’est tout également refuser une vision linéaire de la migration comme nécessairement émancipatrice.

8 novembre 2018, 18h30 – Salle Confluence

Femmes et religion en migration

Par Béatrice de Gasquet, maîtresse de conférences en sociologie à Paris Diderot.

Présentation de la conférence :

Souvent associés à la « tradition », les espaces et réseaux religieux sont souvent des lieux de changement social, notamment en contexte migratoire. Pour les femmes, ce sont à la fois des espaces normatifs, qui peuvent être contraignants, mais aussi des lieux de sociabilité et parfois de relative autonomie, en particulier dans le cas d’organisations religieuses où les migrantes sont majoritaires. Que sait-on sur les manières dont la migration change les rapports entre femmes et hommes dans les organisations religieuses ? Les espaces religieux sont-ils des atouts ou des freins pour les femmes migrantes face à l’expérience du racisme et du sexisme ?

6 décembre 2018, 18h30 – Salle Confluence.

Déplacement forcé des femmes Indiennes au Guatemala

par Jules Falquet, maîtresse de conférences HDR en sociologie, CEDREF-LCSP, à l’université Paris Diderot.

Présentation de la conférence :

Le renouveau de l’extractivisme (minier, énergétique ou encore agricole) sur tout le continent latino-américain depuis 2004 a généralement lieu sans l’accord des populations locales concernées. Celles-ci sont souvent forcées à quitter les lieux, soit du fait des conséquences environnementales particulièrement négatives, soit parce que devant leur opposition, les entreprises transnationales exercent contre elles d’importantes violences — les femmes faisant généralement l’objet de violences spécifiques, notamment sexuelles. Le cas du Guatemala illustre ces dynamiques, en montrant comment les logiques néolibérales actuelles possèdent des racines profondes qui plongent dans l’histoire coloniale et comment les femmes et les féministes, Indiennes tout particulièrement, premières affectées, se trouvent au coeur des résistances.

10 janvier 2019, 18h30 – Salle Confluence

Exclure par les droits des femmes. Le « voile », le « mariage forcé » et la « traite des femmes » en France

par Nasima Moujoud, maîtresse de conférences en anthropologie à l’université Grenoble-Alpes.

Présentation de la conférence :

Les discours et les politiques qui ciblent essentiellement les « femmes de l’immigration » (migrantes, étrangères, Françaises naturalisées ou nées en France) ne cessent de se multiplier depuis le début des années 2000 en France. Les études consacrées à ce contexte accordent généralement peu d’importance aux liens entre les différentes catégories et les diverses orientations (idéologiques, législatives, etc.) qui se focalisent sur les femmes de l’immigration. Pourtant, ces orientations ont été menées simultanément dans les années 2000, particulièrement celles qui souhaitaient interdire le « voile », le « mariage forcé » et la « traite des femmes » à des fins d’exploitation sexuelle. Il s’agit de se référer à des figures de « victimes » (jeunes femmes vulnérables) qu’il convient de défendre contre des hommes et contre elles-mêmes. Ces « victimes » sont majoritairement originaires de sociétés ex-colonisées. La complexité inhérente aux orientations qui les désignent nous invite à se pencher sur ce qu’elles impliquent en termes d’exclusion et de récupération politique et institutionnelle du féminisme.

7 février 2019, 14h – 18h, Salle Confluence

Table ronde : Croiser les expériences et les réflexions sur les migrations des femmes

En présence de :

Nacira Guénif-Souilamas, professeure en Sciences de l’éducation à l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, membre du laboratoire Experice (Paris 8 – Paris 13).

Jane Freedman, professeur de sociologie à l’université Paris 8 Vincennes – Saint Denis.

Associations présentes : Les Ami·es des femmes de la Libération à Poitiers, la Cimade (Poitiers), Claudie Lesselier de Rajfire (Réseau pour l’autonomie des femmes immigrées et réfugiées), Fouzia Hamhami, référente de l’espace femmes citoyennes pour l’Association des travailleurs Maghrébins de France (ATMF) d’Argenteuil, le Toit du Monde (Poitiers).

La dernière séance des Ateliers du savoir est l’occasion d’échanges entre universitaires et bénévoles et salariés d’associations de soutien aux migrant·es. Nous croiserons les regards et les expériences pour éclaires les migrations des femmes.