APPEL A COMMUNICATIONS : 30e Festival International de Géographie. Sous la direction scientifique de Migrinter, “Migrations”, Saint-Dié-des-Vosges, 4-6 octobre 2019 — LIMITE : 21/01/2019

 

Présentation

La Déclaration universelle des droits de l’homme consacre pleinement le droit de toute personne à émigrer de tout pays (article 13, alinéa 2). Aujourd’hui, près de 3,4 % des habitants de la planète, soit 258 millions de personnes, sont des migrants internationaux1. Toutefois, ce terme de « migrant » recouvre une diversité de situations dont témoignent les productions artistiques, associatives, institutionnelles, scientifiques et les modes de restitution de ces réalités migratoires.

Les mouvements de populations à travers le monde et les nombreuses situations qui en découlent s’inscrivent dans une variété d’espaces et de temporalités. Néanmoins, c’est au moment de « crises migratoires », comme celles des années 1990 et 2015, notamment en Europe, ou plus récemment celle aux portes des États-ˇ‐Unis, que la thématique des migrations est largement médiatisée et discutée dans les arènes du débat public. Les évolutions relatives à l’accueil des personnes exilées (carence de structures d’hébergement, campements informels dans les interstices des villes, etc.), de plus en plus subordonnées aux politiques de maîtrise des flux migratoires témoignent de cette visibilité donnée aux migrations.

Pourtant, les déplacements de populations ont une épaisseur historique, de la Préhistoire à nos jours, que tend à gommer l’approche évènementielle, eurocentrée et problématique des migrations, proposée par certains responsables politiques et médias. Avoir une telle lecture des migrations, c’est omettre que les migrants sont aussi des acteurs du développement, que de nombreuses personnes de pays dits développés partent s’installer dans d’autres régions dont le niveau de développement est similaire, voire plus faible, et que si les populations se déplacent essentiellement entre les États situés au sein d’une même région, d’autres dynamiques migratoires existent et méritent d’être découvertes. C’est le cas notamment des migrants des Caraïbes, région invitée à l’occasion de la 30ème édition du festival international de géographie (FIG). Selon les Nations unies, plus de 80 % des migrants internationaux venant des Caraïbes résident en dehors de l’espace caribéen comme à Brixton, quartier de la communauté jamaïcaine, africaine et caribéenne de Londres, ou Montréal où vivent de nombreux Haïtiens, etc.

Les 4, 5 et 6 octobre 2019, à l’occasion de son 30ème anniversaire, le festival international de géographie a pour objectif d’explorer, dans des perspectives tant géographiques que pluridisciplinaires, les contributions des sciences humaines et sociales, des mondes artistiques et d’autres acteurs, à la question migratoire. Durant ces trois journées, des conférences, des débats, des ateliers, des films, des expositions et des spectacles montreront la richesse et la diversité des expériences et des réalités migratoires. Parmi les thématiques abordées, il y aura :

  • Routes de la migration d’hier et d’aujourd’hui : normes en évolution ;
  • Expériences migratoires et production des lieux de la migration ;
  • Migrations et mobilisations (migrants, sociétés civiles, associations, institutions locales, nationales et internationales, etc.) ;
  • Arts en migration et sur les migrations ;
  • Enfin, si les questions des migrations internationales peinent à avoir une place à part entière dans les manuels de géographie et d’histoire, les attentes des enseignants au sein des écoles primaires et des établissements du secondaire demeurent et sont à considérer pleinement.

Vous devrez indiquer le thème (cf. ci-dessous) dans lequel s’inscrit votre proposition. Le comité scientifique est également favorable à l’introduction de présentations originales, tant au niveau du sujet que de la forme. Il informera les auteur·e·s des propositions retenues au plus tard le 28 février 2019.

Thème 1 Routes de la migration d’hier et d’aujourd’hui : les normes en évolution

L’usage générique actuel du terme route, par les politiques et les médias, masque ce qu’il y a de singulier et d’unique dans chaque parcours migratoire et laisse à penser que les routes migratoires seraient des réalités nouvelles. Il n’en est rien, bien sûr. Chaque route a une profondeur historique ; elle rend compte des interactions socio-°©‐spatiales, et plus largement des échanges ou des rapports de domination entre les acteurs de la migration. Sur la route, la multiplicité parfois contradictoire des moyens par lesquels les migrants contournent les obstacles, se saisissent des opportunités et se connectent à différents collectifs questionne l’évolution des normes sociales et juridiques qui s’entremêlent ou s’opposent, à l’échelle d’une ville, d’un camp ou d’une frontière.

Thème 2 Expériences migratoires et production des lieux de la migration

L’expérience migratoire n’est pas homogène ; elle traduit une diversité de situations vécues au cours de la migration. L’évolution des contextes politiques, mais aussi la démocratisation de l’usage des nouvelles technologies renforcent cette pluralité de moments vécus qui se construisent tout au long du parcours et dans les lieux de la migration. Les migrants par leurs mobilités, leurs installations, leurs pratiques et leurs initiatives (économiques, sociales, communautaires, etc.) participent à l’évolution des territoires (urbains, péri-ˇ‐urbains, ruraux ou frontaliers). L’expérience migratoire est également l’expérience de celui qui accueille et qui fait l’expérience de l’Autre. Les enjeux autour de l’installation des migrants sont multiples ; ils convoquent de nombreux acteurs intervenant dans la production de lieux migratoires (camps, centres de rétention administrative, cités de transit, lieux d’accueil citoyen et de solidarité, etc.).

Thème 3 Migrations et mobilisations

Les formes de mobilisation liées aux mouvements migratoires s’inscrivent dans des registres multiples. Entre solidarité et méfiance, hostilité et accueil, repli et ouverture, ces réactions coexistent ou se confrontent dans des espaces différemment concernés par les questions migratoires. Dans ces contextes, l’action associative, institutionnelle, citoyenne, etc. se déploie autour de ces mobilités et répond à des objectifs différenciés. L’importance des réseaux familiaux, communautaires et amicaux élargit le spectre des acteurs impliqués et révèle des formes hétéroclites de mobilisation autour des migrations.

Thème 4 Arts en migration et sur les migrations

Qu’elles soient mobilisées par les individus au cours de leur migration, utilisées comme des médias de retranscription des expériences migratoires, ou mises au profit de l’édification d’un patrimoine culturel et mémoriel, les productions artistiques ouvrent une perspective de compréhension des déplacements de population. Aujourd’hui, les nombreuses œuvres existantes éclairent tant les réalités que les imaginaires migratoires qui sont parfois au fondement de ces mouvements.

Thème 5 Enseigner les migrations internationales

Les migrations représentent un objet d’étude important dans la géographie scolaire et universitaire. Parce qu’elles convoquent d’autres disciplines – histoire , sociologie, droit, etc. – et parce qu’elles sont aussi soumises à de fortes fluctuations sociales, leur enseignement implique d’élaborer des grilles de lectures et des méthodes pédagogiques variées (images, cartographie avec des méthodes innovantes, retour d’expériences, témoignages, etc.). L’expérimentation d’une approche pluridisciplinaire décloisonne une pratique pédagogique ancrée dans le nationalisme méthodologique et dans les paradigmes disciplinaires. Quelle place donner à la circulation de paradigmes, théories et idées entre les disciplines ? Comment penser la transmission du langage de la recherche à celui de l’enseignement secondaire et universitaire ?

Thème 6 : Les Caraïbes (région invitée)

Alors que les territoires caribéens sont relativement proches géographiquement, l’Histoire est venue perturber cette proximité. Aujourd’hui, ils sont traversés par des dynamiques environnementales, économiques, politiques, culturelles ou migratoires, et ces territoires sont pris dans une triple polarisation externe : États-ˇ‐Unis et Canada, pays d’Amériques du Sud et métropoles d’Europe. Néanmoins si plusieurs de ces espaces sont considérés moins développés que les pays dont ils dépendent (France, Pays-Bas, Royaume-Uni), ces « Outre-mer » pauvres n’en sont pas moins attractifs pour certains pays de leur entourage et au-delà.

Direction scientifique (Migrinter / CNRS / Université de Poitiers) : Olivier Clochard (CNRS) avec Céline Bergeon (Université de Poitiers), Audrey Brosset (Université de Poitiers), Brenda Le Bigot (Université de Poitiers), Sarah Przybyl (CNRS), Nelly Robin (IRD), Cyril Roussel (CNRS).

Directrice du Festival : Victoria Kapps

Modalités de soumission

Pour contribuer à la 30ème édition du festival international de géographie, nous vous invitons à envoyer avant le 21 janvier 2019 un résumé de votre proposition de communication, en français ou en anglais (1 500 signes maximum), en suivant ce lien.

Vous devrez indiquer le thème dans lequel s’inscrit votre proposition. Le comité scientifique est également favorable à l’introduction de présentations originales, tant au niveau du sujet que de la forme. Il informera les auteur·e·s des propositions retenues au plus tard le 28 février 2019.

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Texte FIG 2019