TABLE RONDE “Fragments d’exils. Temporalités, appartenances” — Jeudi 31 janvier 2019, EHESS, Paris

  • Horaires : 17h-19h
  • Lieu : EHESS (Salle 5), 105, boulevard Raspail, 75006 Paris

Natalia Muchnik (CRH) et Mathilde Monge (Université Toulouse 2-Jean Jaurès) organisent une table-ronde autour de Fragments d’exils. Temporalités, appartenances, numéro spécial de la revue Diasporas. Circulations, migrations, histoire (31, 2018), avec Anne-Christine Trémon (université de Lausanne), Ilsen About (CNRS-Centre Georg Simmel), Alexandra Poli (CNRS-CADIS), Delphine Richard (université de Lyon 2) et Marie-Carmen Smyrnelis (Institut Catholique de Paris).

Les diasporas ne sont pas des phénomènes immuables : elles naissent, vivent et s’éteignent, ou se diluent dans des ensembles plus vastes ; d’autres ne restent qu’à l’état d’ébauche. Constructions parfois éphémères à la faveur d’un événement politique ou d’une opportunité commerciale, elles peuvent se muer en édifices structurés, de réseaux et de métropoles qui s’affrontent et se succèdent. Situer le phénomène diasporique permet de saisir les dynamiques et les temporalités de ces constructions contingentes et de revenir sur l’image trop communément admise de processus continus et atemporels. C’est cette linéarité et, partant, les jeux et rejeux de segments diasporiques que les articles de ce dossier interrogent, à travers une diversité d’approches : vue d’ensemble, étude d’un lieu d’implantation particulier, analyse sur la longue durée ou autour d’un moment-clé. En étudiant ainsi des « fragments d’exil », la notion de diaspora s’en trouve réinterrogée. Face à l’expansion de son usage, ils permettent de souligner la dimension profondément historique de cet objet si singulier, et pourtant de plus en plus universel. La notion de fragment questionne également une homogénéité souvent reconstruite par l’historiographie qui efface la mosaïque que constituaient –et constituent encore– nombre de ces diasporas, tant pour leurs membres que pour les sociétés d’accueil.