CONF : 1ère journée d’études “Le tournant critique dans les études migratoires” (CRITMIGR) — Jeudi 11 avril 2019, Université Paris 7 Denis Diderot, Paris

Cette journée d’étude est la première du cycle “Le tournant critique dans les études migratoires” (CRITMIGR)

Présentation

L’objectif de ces journées d’études est de cerner et caractériser le retour, depuis une dizaine d’années environ, d’approches critiques au sein des études sur les migrations internationales. En contrepoint des approches structuralistes passées, la recherche s’est longtemps concentrée sur l’agentivité, les circulations et les relations transnationales. Ce qui a pu caractériser ces études est la tonalité positive de leur contenu, une célébration des capacités des migrants à contourner les déterminismes sociaux et politiques. Or, il semblerait qu’une nouvelle génération de travaux émerge, à la suite d’un durcissement des politiques migratoires, d’une précarisation du statut légal des acteurs, ou encore de conditions toujours plus difficiles dans le déroulement du parcours migratoire.  Le retour des approches critiques remet au cœur de nos réflexions les dimensions de contrainte et de contrôle présentes dans le processus migratoire, ou encore le rôle du politique et du pouvoir, de l’économique et des structures sociales dans la détermination des pratiques et trajectoires. En même temps, il permet de questionner à nouveaux frais la notion d’agentivité migrante, que ce soit au prisme du transnationalisme ou de la pensée de l’autonomie. Certes, le regain des perspectives critiques n’est pas propre aux études migratoires et concerne l’ensemble des sciences sociales. Mais cette tendance est à la fois plus prudente et plus réflexive. La refondation d’une perspective critique doit tenir compte de deux écueils : retomber dans un travers idéologique d’une part, et d’autre part faire valoir le positionnement critique sans que celui-ci ne soit dénaturé par une récupération de ses arguments.

Ces journées d’étude explorent les tenants et les aboutissants de ces développements critiques au sein des études migratoires. Elles s’articuleront autour de deux grands axes, qui seront traités de manière transversale :

1/ Une entrée, d’ordre épistémologique, visant à questionner et caractériser le retour des approches critiques dans les études migratoires. Il s’agit d’identifier les courants de recherche concernés par cette tendance. On pourra se demander entre autres : quels sont les thèmes porteurs et domaines d’études concernés (par exemple les études critiques de la frontière, l’autonomie des migrations, les approches intersectionnelles, les analyses critiques du néolibéralisme, etc.) ? Quelle est la spécificité de ces approches critiques récentes par rapport aux approches précédentes, que ce soit le structuralisme et le matérialisme des années 1960 et 1970 ou encore les approches articulées sur l’individualisme méthodologique des années 1990 ? On pourra s’interroger sur les auteur.e.s et influences qui font sens au sein de ces approches (retour des approches foucaldiennes ou habermassiennes par exemple). On pourra également interroger les temporalités de ces retours critiques selon qu’on se situe en Europe ou outre-Atlantique.

2/ Contribuer à ce retour des approches critiques. Cet axe vise à revisiter et effectuer un retour réflexif sur un certain nombre de concepts et d’approches qui ont fait date dans les études migratoires des 20 dernières années, notamment ceux de transnationalisme, de circulation et d’autonomie de la migration, dont nous continuons à apprécier la portée heuristique. Quelles approches et renouvellements critiques peut-on proposer de ces concepts ? Quelles étaient les principales zones d’ombre laissées en plan par ces concepts (rôle de l’État, rationalité du sujet, poids de la classe et des structures sociales, rôle des dynamiques spatiales) ? Comment maintenir une certaine opérationnalité de ces notions tout en les critiquant ? Cet axe sera l’occasion de retour critique et réflexif sur des travaux effectués dans les années 1990.

Programme de la journée du 11 avril 2019

La pré-inscription n’est pas nécessaire. Se munir d’une pièce d’identité pour pouvoir monter au 8ème étage

Matinée (Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouges, salle 166)

9.00 – 9.30 
  • Introduction générale des deux journées (Thomas Lacroix, Swanie Potot, Camille Schmoll)

9.30 – 12.00 Transnationalisme critique et critique du transnationalisme

  • Discutant : Michel Péraldi (CNRS/EHESS, IC Migrations)
  • Thomas Lacroix (CNRS/Maison Française d’Oxford/ IC Migrations) – Nancy Green (CRH/EHESS) – Roger Waldinger (UCLA) – Swanie Potot (CNRS/Urmis/ IC Migrations)

Après-midi (Université Paris Diderot, Immeuble Olympe de Gouges, salle 870)

13.30 – 16.00 Les approches critiques de la frontière

  • Discutante : Camille Schmoll (Géographie-cités/UPD/IC Migrations)
  • Michel Agier (EHESS/IC Migrations) – Damien Simonneau (CNRS/Centre Emile Durkheim/ IC Migrations) – Sara Casella Colombeau (IC Migrations)

16.30 – 18.00 La critique féministe

  • Discutante : Adelina Miranda (Migrinter, Université de Poitiers, IC Migrations)
  • Dina Vaiou (UNTA Athènes) – Janine Dahinden (Université de Neuchâtel)