SOUTENANCE HDR : Michèle Baussant, « (Re)commencements, d’une rive l’autre » — Mardi 21 mai 2019, Paris

Michèle Baussant soutient son Habilitation à Diriger des Recherches, intitulée « (Re)commencements, d’une rive l’autre ».

Elle se tiendra le mardi 21 mai à 14H à l’Université Paris Nanterre (voir détails ci-dessous). Je serai heureuse et honorée de votre présence,

Lieu

Université Paris Nanterre
Salle René REMOND B015 –  Bâtiment Pierre Grappin
Comment venir ?

Transilien ligne L station Nanterre université ou RER A station Nanterre

Plan du campus de l’université Paris Nanterre

Jury

  • Maria Couroucli, Directrice de Recherche CNRS, (CNRS), Rapporteure
  • Valérie Rosoux, Professeure, Université Catholique de Louvain, Rapporteure
  • Aven Ben Amos, Professeur, Tel Aviv University
  • Franck Mermier, Directeur de Recherche CNRS, (CNRS, EHESS, Université Paris 13, INSERM)
  • Fabienne Wateau, Directrice de Recherche CNRS, (CNRS, Université Paris Nanterre)
  • Marie-Claire Lavabre, Directrice de Recherche CNRS, (CNRS, Université Paris Nanterre, ENS Paris Saclay), Référente HDR

Résumé

Ce travail explore le rôle de la mémoire comme ressource pour d’un côté créer des solidarités fondées sur un passé vécu et/ou transmis, et de l’autre, symétriquement, produire des mécanismes de rejet, d’exclusion et de désaffiliation. Cette problématique est envisagée sous l’angle spécifique des déplacements multiples des populations minoritaires, constituées pour tout ou partie de migrants venus dans des pays d’islam lors de la formation des empires coloniaux européens des 19ème et 20èmes siècles puis dispersées, après les indépendances, hors de ces pays. Cette focale me permet de conduire une réflexion plus large sur la figure du tiers-exclu, à partir de mes terrains d’enquête (Algérie, France, Égypte, Liban, espaces israélo-palestiniens, Etats-Unis, Italie).  Il suit le fil des translations de ces populations, de leurs imaginaires, de leurs lieux et de leurs objets, à travers une réflexion sur la nature spécifique de ces courts espace-temps des univers coloniaux aujourd’hui effondrés. Il interroge aussi les destinées de ces ensembles qui, contrairement aux nouvelles nations émancipées de leurs liens avec leurs métropoles, tels que les Etats-Unis, se sont diffractés, ont été retamisés par leurs nouveaux contextes qui déterminent pour partie les formes d’attachement ces « diasporas inversées » à leurs passés.

Résumé en anglais

This essay explores the role of memory as a resource to create solidarity based on a lived and/or transmitted past, on the one hand, and symmetrically, to produce mechanisms of rejection, exclusion and disaffiliation on the other. This issue is considered from the specific perspective of the multiple displacements of minorities, made up in whole or in part of migrants who came to Islamic countries during the formation of the European colonial empires during the 19th and 20th centuries and were then dispersed, after independence, out of these countries. This focus allows me to undertake a broader analysis of the figure of the “excluded middle” (Tiers-exclu), based on my fieldworks (Algeria, France, Egypt, Lebanon, Israeli-Palestinian spaces, United States, Italy). This essay follows the thread of the translations of these populations, their imaginaries, their sites and their objects, through a study of these short space-time worlds that have now completely disintegrated. It also questions the destinies of these groups which, unlike the new nations emancipated from their links with their metropolises, such as the United States, have been diffracted and reshaped by their new contexts which partly determine the forms of affiliation these “reversed diasporas” have with their past.