COLLOQUE INTERNATIONAL “Exils latino-américains du long XIXe siècle” — 26-28 juin 2019, Université de Paris 3-Sorbonne nouvelle

Infos pratiques

organisateurs :

  • Edward Blumenthal (Université Paris 3-Sorbonne nouvelle)
  • Romy Sánchez (IRHIS-CNRS, fellow “Global”)

Présentation

La question de l’exil politique a fait l’objet d’un regain d’attention ces dix dernières années. Pourtant, la juxtaposition des termes « exils » et « Amérique latine » renvoie encore à la Guerre Froide, aux dictatures sud-américaines, ou aux guerres civiles d’Amérique Centrale. C’est ce constat qui nous amène à questionner le rôle de l’exil au cours des époques précédentes et en particulier durant le XIXe siècle, souvent considéré comme le siècle des indépendances, du républicanisme et de l’Etat-Nation. Or l’exil a aussi été une composante centrale des processus politiques et sociaux du continent durant ce siècle.

On comprend ici le terme « exil » dans son sens le plus large, incluant l’idée d’expulsion tout comme la question des sociétés d’accueil. De fait, l’Amérique latine peut être une terre que l’on fuit mais aussi un lieu d’asile. Certains chercheurs se sont penchés sur ces questions à la lumière du récent engouement pour les thèmes liés à l’exil politique. Dans leur livre​The Politics of Exile in Latin America (​1è​reéditionen anglais en 2009), Luis Roniger et Mario Sznajder proposent un panorama global de l’exil latino-américain qui inclut une réflexion sur l’exil du XIXème siècle, présupposant un lien fort entre exil et construction de l’état. Rafael Rojas a lui aussi proposé une analyse des indépendances centrée sur la question des exils (​Las Repúblicas del aire,​ 2009). Cela étant, peu de travaux historiques existent sur cette question en comparaison avec le nombre d’ouvrages qui lui sont consacrés pour le XXème siècle.

Les recherches déjà existantes suggèrent que les exils ont joué un rôle fondamental dans les cultures politiques latino-américaines et qu’ils se trouvent au cœur de leur fonctionnement politique. Ce colloque entend interroger cette idée, afin de voir à quel point l’exil s’intègre aux manières de faire de la politique dans la région.