Retour sur la traversée de Saint Denis, commerce informel et espace public, 15 juin 2019

L’histoire de la ville de Saint-Denis en Seine-Saint-Denis s’inscrit dans celles des pèlerinages et des foires. Les reliques de Saint Denis puis les foires du Lendit feront venir des milliers de personnes de l’ensemble de l’Europe tout au long du Moyen-âge. En introduisant cette profondeur historique au pied de la Basilique, Nicolas Laurent, délégué auprès de la direction générale des services chargé de l’aménagement et du grand centre ville de Saint-Denis, met en perspective l’actualité du commerce et des activités informelles dans le temps et l’espace public de la ville.

De la rue de la République à la place du parvis de la gare SNCF, la douzaine de chercheurs de l’Institut, membres du Conseil des territoires (ICM), étudiants, chargées de mission, ont pu observer et échanger avec les commerçants de vêtements, accessoires de mode, boissons, cigarettes, alimentation .

Dans un second temps, à l’ombre du superbe chapiteau Raj’Ganawak, il s’agissait de revenir sur ces observations et échanges avec deux élues de la Ville, particulièrement en charge des solidarités, du développement social et du centre ville. Soit deux heures de démocratie locale extrêmement réjouissantes.

Les participants à cette visite exploratoire # 4 ont témoigné du caractère sociable, non anxiogène, organisé, d’un véritable marché aux brochettes devant la gare.

Certes, cette activité permet à des personnes extrêmement fragiles dans leur statut (demandeurs d’asile, déboutés, …), d’exercer une activité et d’avoir des revenus ; certes cette sociabilité permet aux personnes devant emprunter le train tard le soir d’être rassurées par la présence des “sauvettes” et de leur clients. Mais les élues, usagères régulières de cet espace, pointent la nécessité d’une “régulation” de l’occupation de cet espace public et d’apporter une réponse aux nombreuses sollicitations de riverains inquiets (“ceux qui parlent fort” ) de cette état de fait illicite.

La discussion révèle la complexité de la situation et des réponses à apporter  qui ne peuvent se borner au jeu (“violent”) du chat et de la souris entre “sauvettes”, police municipale aux effectifs renforcés et police nationale. Des accompagnements permettant de qualifier savoir faire, hygiène, légalité des pratiques ; des actions culturelles, sociales et économiques permettant la diversification des usages de cet espace public,…

Entre échanges constructifs et apéro dinatoire, il a été convenu que :  le temps manque souvent aux acteurs de la politique publique pour construire les réponses adéquates à des situations complexes ; la recherche peut être un outil d’objectivation des différents éléments de la situation ; la question de la présence de migrants dans l’espace public donne l’opportunité aux acteurs de repenser les opportunités hospitalières de ces lieux à partager.