AAC : Colloque international : Politiques migratoires et enjeux cliniques de la traduction, 29-30 novembre 2019, Inalco, Paris — LIMITE : 30/09/2019

Colloque international : Politiques migratoires et enjeux cliniques de la traduction

Le 29 et le 30 novembre 2019

INALCO, 65, rue des Grands Moulins, 75013 Paris

Appel à communications

Comment penser les différentes pratiques de la traduction en référence à la question migratoire ?

Le travail de traduction implique toujours une transformation à partir de différentes modalités d’encodage de l’information, de diverses pratiques d’organisation signifiante des objets du monde et de mise en expression sémiotique du dire. Intervenir auprès d’un public de personnes migrantes, confrontées à une problématique d’exil contraint, c’est se confronter à la question des possibilités de mise en récit d’une réalité marquée par la violence, la terreur, la mort et la fuite en avant.

Dès lors, traduire auprès de ces personnes n’est pas seulement trouver les mots, la gestuelle corporelle, les équivalents culturels. Il s’agit aussi de pouvoir rendre compte de la complexité d’expériences relevant de l’indicible, de la béance ou du silence accompagnant l’effraction traumatique. L’ouragan des violences à répétition et la massivité des actes ayant destitué le verbe, le traducteur tentera de découvrir les traces à peine décelables de la sidération dans le discours pour les traduire en mots et appréhender les vécus sensorimoteurs.

Traduire dans un contexte où est véhiculée la parole des personnes exilées, mais aussi plus globalement de tout sujet ayant été confronté à des formes de déshumanisation, est aussi pouvoir tenir un rôle de tiers, de témoin et de dépositaire de ce qui peine à s’entendre. Comment alors, dans le cadre d’un travail de traduction, faire exister une parole ? Et comment faire émerger dans l’écoute et la restitution du dire de l’entendu le sujet parlant ?

Ce questionnement nous semble d’autant plus fondamental que la pratique de la traduction touche tout corps de métier en contact avec les migrants, depuis les fonctionnaires des différentes administrations, autorités et instances de l’Etat, jusqu’aux pédagogues, didacticiens, enseignants et chercheurs portés par un idéal de transmission, de connaissance et de diffusion de savoirs, en passant par des professionnels du social ou de la santé, confrontés au besoin de traduction dans leurs interventions et consultations auprès de personnes victimes de torture, malades ou affaiblies par un parcours migratoire marqué par la précarité la plus extrême.

Dans le contexte des politiques migratoires actuelles mais aussi de leurs évolutions historiques, comment penser, interroger et adapter son intervention de professionnel en prenant en considération les besoins spécifiques des populations concernées par la médiation d’un travail de traduction ?

Et comme le champ migratoire est un terrain privilégié pour des projections, angoisses, fantasmes … en lien avec le rapport de chacun à l’altérité, les enjeux cliniques de la traduction sont ainsi à entendre en référence à ce qu’un travail d’analyse autorise en termes de déconstruction de semblants-discursifs au profit de l’élaboration de ce qui reste non traduit, parce que difficilement pensé et de ce qui relève également d’une impossibilité structurelle à exprimer du fait du décalage entre parole et intention de dire.

Comité organisateur

Houria Abdelouahed, Christina Alexopoulos – de Girard, Frosa Pejoska-Bouchereau, Thomas Szendé.

Les propositions de communication (500 mots maximum) doivent être envoyées avant le 30 septembre à l’adresse suivante : alexopoulos_8@hotmail.com