De facto n°1 | Nov. 2018

1 | Novembre 2018

Édito

De facto : déchiffrer l’actualité des migrations
en revenant aux faits

C’est à dessein que nous avons choisi cette expression mi-ordinaire mi-savante pour désigner notre rubrique d’analyse critique. Ne pas se laisser prendre aux clichés qui prolifèrent sur les causes et les conséquences des migrations, mais revenir au terrain, établir les faits, appréhender les ordres de grandeur, remettre les points de vue en perspective, comparer les situations au lieu de les isoler. Aborder le phénomène migratoire de facto, c’est aussi s’astreindre à mesurer l’écart qui sépare le réel de l’idéal. C’est revenir à ce qui, de fait, motive les migrants et motive les sociétés qui les accueillent ou les rejettent. Si De facto est animé par l’impératif du fact checking, comme antidote à la propagation des fake news ou des « infox », il se propose d’aller au-delà, en mobilisant tour à tour, sur un mode positif, les nombreux chercheurs affiliés à l’Institut des migrations qui travaillent en première ligne sur le front des migrations, quels que soient les lieux et les périodes, les terrains et les sources, les méthodes et les arguments.

François Héran, directeur de l’Institut Convergences Migrations

 

Migrations africaines :

le défi du retour

Pour ce premier dossier thématique des pages De Facto, l’équipe de l’Institut Convergences Migrations et ses 280 fellows vous proposent de regarder les migrations africaines sous un angle original : le retour au pays.
Quand on pense aux migrations, on pense à ceux qui partent, rarement à ceux qui rentrent chez eux après plusieurs années à l’étranger. Pourtant, la migration est une circulation, comme l’illustre le graphique de François Héran. Une partie des  253 millions de personnes vivant à l’étranger envisage le retour comme une possibilité dès le début de leur projet de migration.
Fermer les frontières de nos pays riches entrave cette circulation, selon la démographe Marie-Laurence Flahaux, et gêne les retours. Les hommes et les femmes qu’a rencontrés la sociologue Audrey Lenoël au Sénégal racontent pourquoi ils sont rentrés volontairement  et comment ils vivent cette expérience. Qu’ils rentrent chez eux ou restent à l’étranger, les migrants sont des acteurs à prendre en compte dans le développement de leur pays, conclut l’économiste Flore Gubert.

Sur le terrain