Les départements

L’activité scientifique de l’IC Migrations est organisée autour de 5 départements thématiques. Ils animent la recherche dans leur champ thématique et impulsent des projets de recherche originaux, visant à réunir des disciplines, des thématiques et des institutions jusqu’ici séparées.

Champs couverts

Dynamiques démographiques, économiques et environnementales des migrations ; méthodes empiriques et modélisation théorique ; bases de données sur les migrations et les diasporas ; migrations, mondialisation et développement.

Axes

1. Migration, climat et environnement

L’axe « Migration, Climat et Environnement » regroupe les thématiques de recherche traitant de l’impact des chocs climatiques ou des conditions météorologiques défavorables sur les migrations, de l’hétérogénéité des réponses migratoires face aux chocs climatiques, mais aussi de toutes les questions environnementales en lien avec les migrations.

2. Migration et santé

L’axe « Migration et Santé » regroupe les thématiques de recherche sur l’impact des migrations sur la transmission des maladies ou sur la diffusion des connaissances de santé, l’incidence des maladies dans les pays d’origine et l’accès aux soins dans les pays de destination comme déterminants des choix migratoires, l’état de santé des migrants ainsi que toutes questions de recherche traitant du lien entre migration et santé.

3. Politiques migratoires et intégration des migrants

L’axe « Politiques migratoires et intégration des migrants » regroupe les thématiques de recherche en lien avec les politiques d’immigration, l’intégration des migrants dans les pays de destination et dans les pays d’origine pour les migrants de retour, l’impact du statut de réfugié, ainsi que toutes questions de recherche en lien avec ces thématiques.

4. Migration et développement

L’axe « Migration et développement » regroupe les thématiques de recherche en lien  avec l’impact des migrations internationales ou des migrations de retour sur les pays en voie de développement. Celles-ci incluent l’impact sur le marché du travail du pays d’origine, les questions de genre et d’autonomisation des femmes, sur les transferts sociaux, sur les perceptions de corruption et de gouvernance, etc.

Champs couverts

Protohistoire et histoire des mouvements de population ; mobilités et circulations des biens et des personnes dans l’histoire ; transferts économiques, marchands, scientifiques, culturels et artistiques ; histoire globale, transnationale ou connectée ; mémoire et patrimoine de l’immigration

Axes :

1. Migrations, altérités, appartenances

  • Citoyenneté et nationalité
  • Langues, langages, écritures, traduction
  • Religions
  • Genre
  • Persécution

2. Espaces interstitiels

  • Traversées, transports
  • Lieux (camps de réfugiés, aéroports)
  • Précarité
  • Hospitalité/inhospitalité

3. Expérience et représentations de la mobilité

  • Objets (circulation des objets, objets des migrants), argent/monnaie
  • Savoirs, pratiques
  • Mémoires et patrimonialisation
  • Usages du droit par les étrangers
  • Travail

4. Penser les migrations, quelles sources ?

5. Méthodologie des reconstitutions de trajectoires migratoires et leurs analyses notamment quantifiées.

Champs couverts

Santé et bien-être ; comportements et prévention ; accès aux soins, droit et santé, inégalités, vulnérabilité ; déterminants de santé chez les immigrés et les descendants d’immigrés ; éthique et politique de soins ; action humanitaire et interventions d’urgence en recherche médicale et sociale ; résilience

Axes

1. Accès aux soins, système de santé, professionnels de santé, médiation

2. Santé des enfants, des adolescents et famille

3. Comportements de santé et de prévention (santé sexuelle, vaccination, alimentation, etc)

4. Santé mentale et violences

Champs couverts

Processus d’intégration, de ségrégation et de discrimination ; politiques d’intégration et de lutte contre les discriminations ; dynamiques d’appartenance nationale ou ethnique, formation des minorités ; catégories statistiques et catégories administrative

Axes

1. Processus de racialisation

L’axe rassemble des fellows souhaitant réfléchir aux divers processus de racialisation. Les discussions ont fait émerger plusieurs préoccupations :

  • Comment s’articulent « race » et « nation » ?
  • Approches théoriques et conceptuelles, enjeux lexicaux, registres discursifs.
  • Dans quels contextes et comment dit-on le racisme/les discriminations ?
  • Approches méthodologiques : comment enquêter sur le racisme, position d’enquête (blanc.he.s/racisé.e.s) ?
  • Champ de recherche sur la blanchité
  • Racialisation entre groupes minoritaires
  • La qualification du racisme (espaces, contextes, registres d’énonciation et de réfutation)

2. Mobilités géographiques, spatiales et sociales

L’axe rassemble des fellows attachés à l’appréhension des mobilités géographiques et spatiales à la fois à travers le prisme des parcours migratoires et des mobilités sociales. Approches qualitatives et quantitatives pourront s’articuler pour documenter et analyser les dimensions objectives et subjectives des mobilités, des positions et positionnements professionnels, des parcours familiaux. Il s’agira entre autres d’interroger la notion de « réussite professionnelle ».

3. Formes d’engagement et différenciations

Les fellows de cet axe s’intéressent à l’articulation entre formes d’engagement et de politisation des questions de l’immigration, des réfugiés, de l’accueil, la mémoire, etc. et processus de différenciation et de catégorisation, avec un intérêt particulier pour les controverses, les interactions, les rapports entre populations majoritaires/minoritaires.

Champs couverts

Politiques et stratégies migratoires ; lieux de la migration, politiques de la ville et mutations urbaines ; dispositifs humanitaires, droit d’asile, conventions internationales, droit de la nationalité ; débats et controverses sur l’immigration et l’asile

Axes

1. Trajectoires migratoires et politiques publiques : réception des politiques, adaptations des migrants, intermédiaires et « passeurs ».

Cet axe s'intéresse aux questionnements suivants : face à des politiques publiques qui construisent l’étranger comme objet, quelle agentivité ? Qui sont les intermédiaires, les relais, les passeurs ou influenceurs ? Comment les politiques migratoires sont-elles reçues, traduites, contournées, réinventées ? Quelles sont les formes de la rétroaction sur les changements des politiques publiques ?

L'axe reste attentif à ne pas occulter les formes de domination et le poids des contraintes qui pèsent sur les personnes migrantes. L’entrée par les expériences individuelles permet de mettre en lumière les effets de ces contraintes. L’adaptation dont ces personnes font preuve n’a pas pour effet de déjouer la norme, mais aussi d’entrer dans la norme.

Sur le fond, cet axe est porté par une ambition de réflexion autour de la question du « choix » dans la migration, de la réappropriation et de la réinterprétation des règles, de la construction de tactiques (plutôt que de stratégies), des adaptations de court terme, des réactions au coup par coup.

2. Usage des lieux et migrations : inégalités, mobilisations et politiques à l’échelle locale

Cet axe s'articule autour de deux directions :

  • les transformations des espaces locaux par les migrations : trajectoires résidentielles, inégalité d’accès à l’espace et aux ressources ;
  • les politiques publiques locales en direction des migrants, en dialogue avec les mobilisations locales et les conflits que suscite la présence des personnes migrantes et la manière dont les politiques locales et les conflits transforment les espaces locaux.

3. Droit à la mobilité en Europe et dans la CEDEAO

La « circulation » de la libre circulation intéresse cet axe. Cette question est en effet identifiée comme une bonne manière de lancer la réflexion sur les politiques migratoires. Il ne s'agit pas de revenir sur les arguments éthiques normatifs, et économiques relatifs à la libre circulation, mais de s’attacher à analyser les acteurs et intermédiaires qui utilisent la libre circulation, qui investissent ce type d’idée. Il s’agit de lancer une réflexion sur les transferts de cette notion d’un espace régional à un autre, d’interroger les acteurs qui véhiculent cette notion et leurs motivations ainsi que l’émergence d’une forme de « technocratie de la libre circulation ».

Dans un contexte où la libre circulation est remise en cause en Europe, qui est pourtant son berceau et garant, à la fois empiriquement et discursivement, l’idée est de repenser la libre circulation hors de l’expérience européenne.

4. Exil et politique

Cet axe s'intéresse à ce qui est politique dans l’exil. A partir des terrains d'enquête des participants, l'objectif est d'interroger le triptyque capitalisme/nationalisme/colonialisme qui est au cœur des interrogations soulevées par leurs recherches.

5. Désétatiser la frontière

Cet axe s'intéresser aux logiques de délégation du contrôle migratoire à des acteurs non étatiques, qu’il s’agisse d’entreprises privées, d’associations, ou de riverains. L’objectif est d’interroger le paradoxe suivant : la concomitance de la spectacularisation de la frontière, la mise en scène du contrôle frontalier comme emblème de la souveraineté stato-nationale et sa délégation croissante, dans les faits, à des acteurs privés. Cette tendance n’est pas tant à comprendre comme un processus de désétatisation, mais plutôt comme des formes de recompositions, de reconfigurations du pouvoir étatique avec une multiplicité d’acteurs.

Trois pistes ont été identifiées :

  • la diversité des acteurs du contrôle frontalier de manière à sortir de la logique binaire entre humanitaire et sécuritaire en intégrant à la réflexion sa dimension économique. Repenser les frontières souvent poreuses entre ces catégories d’acteur.
  • Recompositions de la frontière au prisme des nouvelles technologies, rôle des acteurs privés dans la définition des politiques migratoires.
  • Réinscrire ces logiques de sous-traitance dans les transformations néo-libérales contemporaines, tout en réfléchissant à spécificité de ce domaine, ceci dans une perspective comparée.

Les 5 départements thématiques animent la vie de l’IC Migrations, en organisant la convergence des thématiques et des partenaires (séminaires, rencontres pluridisciplinaires, écoles d’été, publications conjointes…). La vie scientifique des départements thématiques est ainsi organisée autour de :

  • séminaires internes ;
  • invitations de chercheurs étrangers/extérieurs à l’IC ;
  • formations méthodologiques ;
  • à terme, la participation à des enseignements dans le cadre de l’IC (master et doctorat) ;
  • la rencontre les acteurs locaux pour enrichir les projets (conseil citoyen).