« Mettre fin à l’immigration massive » : une priorité européenne ?

La France, vieux pays d’immigration, n’est pas confrontée à une immi­gra­tion massive, pas plus ces dernières années que par le passé. Entre le recense­ment de 1999 et celui de 2015, le nombre d’immigrés réguliers a augmenté de 1,7 million, soit environ 100 000 personnes par an. Durant le même temps, la popu­la­tion française a augmenté de 5,5 millions.

La part des immi­grés dans la popu­la­tion rési­dente est de 9 % si l’on s’en tient à la défi­ni­tion du Haut Conseil à l’Intégration (HCI) : un immigré est une personne née étrangère à l’étranger. Elle est d’un peu moins de 12 % si l’on rajoute les Français nés à l’étranger. Cette dernière manière de compter permet des compara­isons internationales.

Cette part place la France dans une posi­tion médiane parmi les pays développés d’Europe (Suède 16 %, Alle­magne 13 %, Italie 10%), assez loin des grands pays d’immigration « historiques » (Australie 28 %, Etats-Unis 15%) ou « émer­gents » (Arabie Saou­dite 34%).

A l’échelle de la planète 3,4 % de la popu­la­tion est immi­grée, soit 260 millions de personnes.

La France se carac­térise aussi par des flux migra­toires assez constants et modérés. Ils sont parmi les plus faibles constatés dans un pays de l’OCDE, lorsqu’on les rapporte à la popu­la­tion totale : ils ne sont que de 0,4 % en 2016, comme en moyenne annuelle sur la période 2010 – 2015. Cela représente environ 250 000 personnes. Ce nombre augmente faible­ment depuis quelques années, notam­ment du fait d’un afflux de réfugiés et d’une plus grande mobilité à l’intérieur de l’Union européenne. Chaque année, une part notable d’immigrés quitte la France ; cela explique que le nombre total n’augmente que de 100 000 par an. Ces flux sont ainsi près de deux à trois inférieurs à ceux de la Suède, de l’Autriche, de l’Australie ou encore de l’Allemagne depuis 2015.

Les charges contre l’« immi­gra­tion massive » n’animent donc que les Don Quichotte du jour, occupés à lutter contre des ennemis imag­i­naires, loin des grands enjeux européens.

Sources :